Charpentier / Charpentière de marine
Passionné de bateaux, le charpentier de marine allie tradition et savoir-faire, pour réaliser ou réparer l'ossature et les équipements de navires en bois et maintenir le patrimoine maritime. Choisit les bois en fonction des pièces à réaliser et selon les plans de l'architecte naval Réalise les gabarits Assemble les éléments et contrôle l'étanchéité du navire en construction Assure la maintenance et la réparation des éléments en bois embarqués Peut participer à des chantiers de restauration de navires anciens ou d'embarcations traditionnelles
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Identifie deux compétences essentielles du métier que tu ne maîtrises pas encore et trouve une ressource pour les attaquer cette semaine.
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Compare cette fiche à deux métiers adjacents du catalogue pour voir où tes forces actuelles se placent le mieux.
Où ça va
Scénario optimiste (probable si les politiques industrielles tiennent) : La France, deuxième puissance mondiale par la taille de sa ZEE, s'engage dans une stratégie « France Mer Industrie 2035 » documentée par le GICAN.
2 ans
La filière navale française aborde 2025-2027 en position de force structurelle.
5 ans
Deux moteurs structurels vont remodeler le contenu du métier d'ici 2030.
10 ans
Scénario optimiste (probable si les politiques industrielles tiennent) : La France, deuxième puissance mondiale par la taille de sa ZEE, s'engage dans une stratégie « France Mer Industrie 2035 » documentée par le GICAN.
Analyse éditoriale LaborAI
Comment ce métier se transforme
Sur 2 ans
Horizon 1–3 ans : tension de recrutement persistante dans un secteur en croissance
La filière navale française aborde 2025-2027 en position de force structurelle. Selon le rapport GICAN 2026 (Theatrum Belli), le secteur regroupe plus de 58 200 emplois directs et projette d'atteindre près de 72 000 emplois directs à l'horizon 2030, avec plus de 15 000 emplois créés en dix ans. Le GICAN et le CINav documentent des difficultés de recrutement devenues structurelles sur les métiers de production, dont la charpenterie navale figure parmi les plus tendus.
Pour le charpentier / la charpentière de marine spécifiquement, deux marchés coexistent avec des dynamiques distinctes :
- Chantiers industriels (Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, Naval Group à Lorient et Cherbourg, Piriou à Concarneau) : recrutements actifs, travail en équipes 3×8, prédominance des structures métalliques et composites. France Travail signale des offres régulières sur ces bassins d'emploi.
- Chantiers artisanaux et de plaisance (Bénéteau, Jeanneau, Lagoon, chantiers de réparation côtiers) : marché plus étroit mais en tension sur les profils bois et composite, notamment pour la restauration de patrimoine maritime.
Les salaires d'entrée restent modestes : selon Hellowork (2025), un débutant perçoit entre 21 877 et 22 750 € brut annuel (environ 1 450–1 508 € net/mois), ce qui constitue un frein à l'attractivité face à d'autres métiers industriels. La progression salariale est réelle avec l'expérience (25 000–27 000 € pour un profil confirmé selon Hellowork), mais reste en deçà des niveaux observés dans l'aéronautique ou l'énergie.
Sur 5 ans
Horizon 3–7 ans : recomposition par la transition écologique et la montée en qualification
Deux moteurs structurels vont remodeler le contenu du métier d'ici 2030.
Premier moteur : la décarbonation de la flotte. Le Contrat stratégique de filière 2024–2027 des Industriels de la Mer positionne la filière navale comme acteur central de la transition énergétique maritime (GNL, hydrogène, propulsion électrique, voiles rigides). Ces nouvelles architectures de navires impliquent des matériaux et des assemblages inédits — structures hybrides, intégration de réservoirs cryogéniques, aménagements pour systèmes de propulsion alternatifs — que le charpentier devra maîtriser. Les profils capables de travailler sur des navires à propulsion alternative seront plus recherchés que les profils purement traditionnels.
Deuxième moteur : l'industrie 4.0 navale. France Travail et le GICAN soulignent que la part des ouvriers non qualifiés diminue au profit des ouvriers qualifiés et des techniciens. La lecture de maquettes numériques 3D, la compréhension des flux de production numérisés et la capacité à interagir avec des bureaux d'études deviennent des attendus croissants, y compris pour des profils CAP/BP. Ce n'est pas l'IA qui automatise le geste du charpentier — la complexité géométrique des coques et la variabilité des chantiers de réparation y résistent — mais la numérisation du pilotage de production change les interfaces de travail.
Frein principal : l'attractivité du métier reste un problème documenté. Le GICAN reconnaît explicitement que la filière « peine à attirer et à recruter depuis plusieurs années ». Les conditions de travail (3×8, environnement poussiéreux, pénibilité physique) et les salaires d'entrée proches du SMIC freinent les vocations. Sans revalorisation salariale significative, le déficit de main-d'œuvre qualifiée risque de s'aggraver malgré la croissance des carnets de commandes.
Sur 10 ans
Horizon 7–15 ans : deux scénarios selon la souveraineté industrielle et la revalorisation du métier
Scénario optimiste (probable si les politiques industrielles tiennent) : La France, deuxième puissance mondiale par la taille de sa ZEE, s'engage dans une stratégie « France Mer Industrie 2035 » documentée par le GICAN. La projection à 72 000 emplois directs à l'horizon 2030 et les 30 000 recrutements prévus sur dix ans (GICAN / ONISEP) dessinent un marché du travail durablement en tension favorable aux candidats qualifiés. Le développement des énergies marines renouvelables (EMR) — éoliennes offshore, hydroliennes, navires de maintenance — crée une demande nouvelle pour des charpentiers capables d'intervenir sur des structures navales spécialisées. La revalorisation salariale, si elle suit la tension du marché, pourrait rendre le métier plus attractif pour les jeunes générations.
Scénario pessimiste (risque réel) : La concurrence asiatique reste structurellement défavorable sur les navires de commerce standardisés. Si la France ne maintient pas son positionnement sur les navires à forte valeur ajoutée (paquebots, navires de défense, navires de recherche), les volumes de construction neuve pourraient se contracter, réduisant les besoins en charpentiers industriels. Par ailleurs, le vieillissement des artisans maîtrisant les techniques traditionnelles (bois, calfatage) sans renouvellement générationnel suffisant pourrait conduire à une perte irréversible de savoir-faire, particulièrement dans le segment patrimoine maritime.
Impact de l'IA : faible sur le cœur du métier. La charpenterie de marine repose sur des gestes de précision en environnement non structuré (coques de formes complexes, pièces uniques, réparations sur navires en service) qui résistent à l'automatisation robotique à l'horizon 2035. L'IA peut assister la conception (optimisation des formes, simulation structurelle) et la logistique de chantier, mais ne remplace pas le compagnon qui taille une membrure ou calfate un bordé. Le risque d'automatisation directe est faible ; le risque de déqualification par la standardisation industrielle est plus réel.
Compétences clés
Voir mes écarts →Hard skills
- →Lecture et interprétation de plans de coqueIndispensable
- →Travail du bois naval (taille, assemblage, calfatage)Indispensable
- →Travail des matériaux composites (fibre de verre, carbone, époxy)Indispensable
- →Utilisation des machines-outils (scie à ruban, toupie, dégauchisseuse, raboteuse)Indispensable
- →Traçage et gabariterie navaleIndispensable
- ↗Connaissance des matériaux de protection (peintures, antifoulings, traitements du bois)Important
- ↗Soudage et chaudronnerie légère (aluminium, acier naval)Important
- ↗Logiciels de CAO navale (Rhino 3D, AutoCAD, Tribon/Aveva Marine)Important
- ↗Connaissance des réglementations maritimes (Bureau Veritas, RINA, classification)Important
- →Aménagements intérieurs et menuiserie de marineMoins valorisé
- →Restauration de bateaux anciens et patrimoine maritimeMoins valorisé
Soft skills
- →Précision gestuelle et rigueur dimensionnelleClef
- →Capacité à travailler en espace contraint et en postures difficilesClef
- →Lecture critique de plans et autonomie d'interprétationClef
- ↗Transmission des savoir-faire et compagnonnageImportant
- ↗Adaptabilité aux matériaux et aux techniques (bois, composite, métal)Important
- ↗Sens de l'organisation sur chantier (gestion des priorités, coordination avec les autres corps de métier)Important
- →Tolérance aux conditions de travail difficiles (bruit, poussières, solvants)Important
Trajectoire type à 5 ans
Quelques repères pour te donner l'échelle.
Junior
35–47 k€
Confirmé·e
45–60 k€
Senior
55–75 k€
Valeur déplacée vers l'évaluation et la supervision
Expert / lead
70–95 k€
Et maintenant
Cette fiche prend dix fois plus de sens quand elle parle de toi.
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Sources
APEC · France Travail · Journal d'un Progressiste · mise à jour auto
Mise à jour : 21 mai 2026